Poème illustré.

Poème illustré.

Il naît dans les failles où s’entassent la poussière et l’oubli, là où la terre refuse l’ornement mais consent à la survie, il dresse son corps maigre avec une noblesse austère, presque monastère, et chaque pointe qu’il offre est une frontière volontaire, un commentaire sévère adressé aux mains téméraires. On croit y lire la dureté mais c’est une pudeur, une armure contre la capture, une signature contre l’usure, il préfère la blessure franche à la caresse imposture. Au sommet brûle une lueur brève mais souveraine, couronne païenne née d’une saison incertaine, miracle obstiné qui se répète et se maintienne malgré la plaine ingrate et la marche inhumaine. Il ne cherche ni faveur ni regard, il veille tard, garde le hasard, transforme la sécheresse en étendard, l’abandon en rempart et fait de la marge un territoire, de la solitude un pouvoir : chardon.

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