Tirages d’atelier : Cyanotypes.

Tirages d’atelier : Cyanotypes.


Depuis quelques jours l’atelier ressemble à une cuisine chimique improvisée. Des feuilles qui sèchent, des transparents qui gondolent, des pinces un peu partout et une obsession météo : regarder le ciel pour savoir si je peux travailler.

Le cyanotype oblige à ralentir. Impossible de tricher, impossible d’aller vite. On prépare, on attend, on expose, puis on découvre. Entre les deux il n’y a presque rien à faire :  juste accepter de ne pas contrôler.

Certains tirages sortent nets, presque chirurgicaux. D’autres bavent, brûlent ou disparaissent. Parfois une ombre inattendue devient le centre de l’image. Parfois le sujet prévu n’existe plus du tout. Ce n’est pas un procédé qui obéit, c’est un procédé qui négocie. J’ai commencé par des formes simples : végétaux, objets, négatifs photographiques. Puis j’ai ajouté des gestes : foil doré, annotations, cadres… pour déplacer l’image vers quelque chose entre archive et icône. Ni photographie, ni dessin. Une trace plutôt.

Ce qui m’intéresse ici ce n’est pas la perfection du tirage mais le moment où l’image semble déjà ancienne au moment où elle apparaît. Comme si elle avait toujours existé quelque part et que le soleil servait seulement à la révéler.

Chaque essai devient donc un tirage d’atelier. Pas une édition définitive, pas une série fermée. Des variations, des accidents, des tentatives. Certains resteront uniques, d’autres reviendront sous une autre forme.

Et vous pouvez en retrouver quelques uns sur la boutique.
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